09 février 2018

Le presbytère

Comme j'ai eu du mal à l'avoir à la bibli ce livre ! J'ai écouté une émission "La voix est livre" sur Europe 1, qui en parlait, et je suis allée le réserver assez vite, fin octobre. Je pensais que c'était fichu pour cette réservation, et il a fini par arriver début janvier ! (mais que font les gens avec les livres pour les garder aussi longtemps ??? ils s'en servent pour caler un meuble, c'est pas possible ?! Ils reçoivent forcément des relances pour dire qu'ils ont un sacré retard dans le retour des documents empruntés ! Je pensais vraiment que je n'aurais jamais ce roman. Et vu tout ce que j'ai à lire, ce n'était pas grave hein) Bref !

Août 2017

Paru en août 2017. 272 pages

Alors je vais être honnête : si j'avais su le fond du roman, je ne crois pas que je l'aurais emprunté. Parce que l'écriture est incroyable, on se laisse embarquer totalement dans cette histoire écrite de façon très très particulière, où on devine les choses sans qu'il y ait vraiment de mots dessus. D'ailleurs en avançant je me disais "mais non, ça ne peut pas être ça, ce n'est pas possible" et je ne sais pas comment vous en parler sans dévoiler le fil rouge, toute l'horreur de cette histoire.

Tout commence par l'installation d'un couple dans une maison un peu étrange, appelée "le presbytère". Balthazar est médecin, c'est un homme très droit, très très autoritaire, avec des tonnes de principes, toujours "pour le bien de". Petit à petit on se rend compte que ce type est en fait un grand malade !

Il est marié avec Sonia, qu'il détruit tranquillement, toujours sous couvert de la morale et du "c'est pour ton bien". Elle développe des tocs sévères, elle est capable de passer des heures sur son vernis à ongles. La famille s'agrandit : Clément, Sébastien, Manon, Alice. Balthazar refuse violemment que Sonia aille s'occuper des bébés lorsqu'ils pleurent. C'est pour leur bien, vous l'aurez compris.

A la maison, pas de jouets, le plastique est interdit, c'est le mal. Pas de télé. Pas d'école non plus, l'école c'est mal, les enfants sont pervertis, confrontés à la violence à l'école. (ils sont tellement mieux dans cette maison de fou....). Sonia est complètement à l'ouest, passe des heures à danser, à préparer des spectacles (pour qui ?), à se changer plusieurs fois par jour, à oublier de nourrir ses enfants. Elle se fait tabasser de temps en temps par son mari....

Balthazar (misère que j'ai détesté ce personnage) est là en permanence, tout en n'étant jamais là. Il reçoit ses patients, il est occupés, il travaille, LUI, mais garde toujours un oeil sur ce qui se passe à la maison, sur ce qu'il faut ou ne faut pas faire. Les enfants doivent apprendre la musique, parce que la musique c'est bien, c'est merveilleux, mais il les terrorise tellement que cet apprentissage se passe dans une grande violence. Par exemple pendant les repas, il oblige ses enfants à manger en tenant des livres sous leurs coudes. Si le livre tombe, l'enfant mange par-terre....pour son bien évidemment.

Parallèlement un ado puis homme est très présent dans cette maison : Tanguy. Il a eu une enfance épouvantable, battu, affamé, enfermé des jours entiers dans un placard. Il est retiré vers 8/9 ans à ses parents et arrive dans un état terrible dans l'institut dans lequel travaille Balthazar. Il vient tous les jours au Presbytère, pour voir les enfants, jouer avec eux. Le fait qu'il apporte un jour un ballon aux garçons devient un drame.

Il y a aussi un couple en mal d'enfants, Basile et sa femme, qui accueillent régulièrement Clément et se mettent à l'aimer trop fort...

Le décor est planté, vous l'aurez compris, les enfants vont grandir dans un environnement extrêmement "sain et équilibré" et petit à petit on comprend sans que ce soit évoqué que cette ambiance abominable cache des dérapages pires encore. Le récit, ce qu'on devine, est glaçant.

Ce qui m'a fait aller jusqu'au bout, c'est que je suis sûre que ce genre d'histoire est arrivé, malheureusement, que des types aussi immondes et dénués d'humanité que Balthazar, ça existe....jusqu'au bout il sera d'une mauvaise foi qui donne envie de lui en coller une !

C'est un roman très dur à lire, mais ce n'est pas pour cette raison qu'il faut l'éviter. Ce qui se passe derrière les façades des maisons les plus belles existe. Toujours cette façade, cette image qu'il faut donner aux autres, sous couvert de bonnes intentions...l'écriture est absolument remarquable et je ne pense pas avoir déjà lu un roman pareil. C'est glaçant mais, n'est-ce pas pire encore : cette histoire est plausible.....

lire2

Posté par Huloga à 05:31 A - - Commentaires [22] - Permalien [#]