14 mai 2018

Vers la beauté

J'ai eu une lecture très inattendue de ce roman :

224 pages

224 pages. Paru en mars 2018

Je n'ai pas lu la 4è de couverture. J'ai foncé tête baissée, parce que je connais la qualité d'écriture de David Foenkinos, j'aime cet auteur, j'aime ses histoires. Je venais de terminer avec beaucoup de plaisir "L'oubliée de la ferme des brumes" et j'ai plongé sans réfléchir.

J'avais lu une trentaine de pages, quand je suis tombée sur une émission de Stéphane Bern, avec David Foenkinos comme invité. Il parlait de son roman, qu'il décrivait comme grave et noir. Et je ne comprenais pas, parce que ce n'est pas du tout ce que je ressentais. En fait j'ai compris, j'ai été happée dans ce roman très très fort qui me marquera.

Antoine est un homme reconnu, apprécié. Il donne des cours d'histoire de l'art aux Beaux-Arts de Lyon. Il est talentueux, il s'investit...et du jour au lendemain il plaque tout. Son appartement, sa vie, ses cours. Il est maître de conférences et demande à travailler ....en tant que gardien au musée d'Orsay à Paris. Il veut disparaître, s'effacer, que personne ne le retrouve, que personne ne lui parle, ne plus avoir de vie, ne plus exister aux yeux des autres.

Evidemment c'est impossible. Même en n'ayant pas de portable, en n'ayant pas son nom sur sa boîte-aux-lettres, il est impossible de disparaître de nos jours...impossible aussi de n'avoir aucune vie sociale.

Qu'est-ce qui a poussé Antoine à tout plaquer ? C'est ce que va essayer de découvrir Mathilde, sa nouvelle RH.

On comprend qu'il a un lien avec une talentueuse jeune élève des Beaux-Arts : Camille.

Là le roman bascule. C'est un roman court mais qui décrit précisément, avec des mots qui font mal, la cruauté humaine, la violence dans ce qu'elle a de pire, la culpabilité, la perversion. Je n'ai pas pu m'arrêter de lire, j'ai beaucoup pleuré aussi. Pourtant ne le voyez pas comme un roman noir. Il est très fort mais l'auteur s'attache à faire ressortir le bon dans ce qu'il y a de pire, à faire comprendre qu'il est toujours possible de s'en sortir, que les solutions existent.

C'est un roman très dense, très riche, chaque mot est important, frappe juste.

Ne passez pas à côté, même si on n'en ressort pas indemne.

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Posté par Huloga à 05:11 A - - Commentaires [22] - Permalien [#]