06 juin 2021

Une si jolie fête des mères

J'ai été vraiment gâtée par mes enfants pour la fête des mères.

J'avais écouté ce podcast vraiment intéressant et j'en avais parlé à table :

J'avais beaucoup appris, beaucoup apprécié que l'éleveuse parle de ses chèvres avec autant de joie.

ça leur a donné l'idée de commander du mohair pour la fête des mères !

Les garçons m'ont donc offert des pelotes, un patron et un savon ! Quelle chance j'ai !

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Les pelotes sont d'un joli bleu glacé :

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Loïcia m'a fabriqué elle-même un très très joli collier avec un coquillage de Tahiti :

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J'ai beaucoup de chance d'avoir mes enfants !

coeur1

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23 avril 2021

Violences médicales

J'ai longuement hésité avant d'écrire cet article.

Mais voilà, ça me reste dans la tête, me hante et ne me quitte pas : j'ai subi des violences médicales.

Il y a 20 ans ? 10 ans ? Non non : cette semaine.

Et je ne m'en remets pas.

Par un homme extrêmement gentil en plus. Inconscient du mal fait ? Habitude ?

Je ne saurais pas le dire.

ça existe encore.

Ma santé déclinant vitesse grand V, j'ai dû faire quelques passages aux urgences. Endoconnasse est de retour. Et ne me laisse plus de répit. Elle est accompagnée de sa grande copine morphine....

Donc j'ai recommencé la valse des examens.

Après un scanner très douloureux, et au verdict inquiétant : "col de l'utérus volumineux et irrégulier", je me suis retrouvée (encore) aux urgences.

Sentiment de l'imposteur.

Est-ce que je ne prends pas la place de quelqu'un d'autre ?

Mais est-ce que je peux rester avec cette souffrance quotidienne ? Non.

Et pourtant.

Recroquevillée sur une chaise, j'ai attendu.

J'ai payé mon passage. Cash. Inhumain.

ça existe encore.

Le médecin a souhaité "voir" l'aspect de mon col, voir s'il avait un aspect tumoral, suspect au scanner. OK. Donc spéculum. Ok. Examen à réaliser sur un ventre en feu. Bon.

Spéculum enfoncé à vif. Sans prévenir. Sans douceur. J'ai pensé immédiatement "mais les bords sont des lames ? Pourquoi ça fait si mal ? il va me couper l'intérieur ! c'est horrible cette douleur !"

J'ai dit que ça faisait très mal. Il a continué "il faut bien qu'on soit fixé"

Ah....

ça existe encore.

Ensuite il a enfoncé davantage, cherchant à "voir" le fond du col. J'étais tétanisée sur la table d'examen, plus de couleur, d'ailleurs je n'étais plus là. C'est fou la capacité du cerveau à se couper d'une réalité abominable. A partir ailleurs, dehors, s'envoler. J'ai pensé à une belle sortie dans les îles de Tahiti, où j'étais restée regarder les raies léopards voler, majestueuses.....j'étais loin.

Et c'était fini ?

Non, il a cherché à "reproduire la douleur que je ressentais".

Doucement, je lui ai dit que ce n'était pas nécessaire puisque j'avais mal en permanence.

Je n'ai pas eu le choix.

ça existe encore.

Je vais vous parler de mes sensations, qui ne sont probalement pas son geste, mais ce que j'ai ressenti : un poing enfoncé à l'intérieur, et l'autre main qui appuie fortement sur les deux côtés de mon ventre, pour "reproduire la douleur des ligaments utéro-sacrés".

Je me suis mordue la joue.

Pourquoi je n'ai pas hurlé ? Pourquoi je ne suis pas partie en courant ? Pourquoi ?

Parce que j'avais espoir que cet homme me dise "vous avez ça, on a trouvé, on va avoir la solution". C'est tout. Voilà pourquoi je suis restée.

Il a confirmé son diagnostic : les ligaments utéro-sacrés sont touchés. Il va falloir opérer. Mais c'est risqué. De même qu'il va falloir enlever le col, mais c'est risqué puisqu'il est collé, imbriqué dans ma vessie.

Sauf avec un interrogatoire correct, il aurait probablement eu la même conclusion.

Attention, je ne l'accuse pas LUI. Ce que je regrette, ce sont ces pratiques d'un autre âge, d'une autre époque, absolument inhumaines et donnant lieu à des souffrances que personne ne peut imaginer....en 2021.

Je suis SORTIE DE MON CORPS pour ne plus vivre cette douleur absurde qu'il voulait "voir".

ça existe encore.

Parce qu'après, et c'est là le plus terrible au fond, il a été d'une gentillesse réelle. Il m'a aidée à me relever, il a cherché des solutions, il m'a accompagnée, vraiment.

Mais ces pratiques violentes n'ont pas lieu d'exister. ça me reste dans la tête, j'y pense tout le temps depuis. C'était inhumain et non fondé.

Je suis sortie sonnée, ébétée, incapable de parler. Je voulais que quelqu'un me prenne dans ses bras et en même temps que personne ne me touche. Je sais qu'au fond, tout cela aidera pour l'opération à venir, mais je sais aussi qu'il y avait forcément des tas d'autres solutions, des tas d'autres façons de procéder.

Preuve de ces méthodes violentes : j'ai des bleus .....

ça existe encore

Et comment, et à qui en parler ?

Je n'écris pas pour faire justice, pour dénoncer un homme. Mais pour dire que le combat de Martin Winckler et Baptiste Beaulieu contre les violences médicales ont encore de beaux jours devant eux.

ça existe encore.

ça existe encore.

Cette violence, cette inhumanité, ça existe encore.

J'ai d'autres examens à passer. Je ne ferai plus confiance au corps médical. Je n'irai pas détendue. Je risque même d'avoir envie de baffer la première personne qui me dira de me détendre, d'arrêter de stresser. Et comment réagir autrement ?

ça existe encore.

Son poing enfoncé. Son autre main appuyant à fond sur mon ventre.

ça existe encore.

Je n'ai pu en parler à personne. Non pas que j'ai honte. Quoique, je me veux de ne pas être partie, de ne pas avoir crié. Mais je voulais qu'il m'aide, qu'il trouve une solution à ces douleurs qui me rongent depuis mi-janvier. A cette dégringolade que je ne maîtrise plus et qui impacte ma vie entière.

Fallait-il vraiment un tel examen pour être sûr que les ligaments étaient enflammés par l'endométriose ? Je suis persuadée que non.

ça existe encore.

Je n'irai pas la tête haute à l'IRM, parce que j'aurai la peur au ventre. Et avec raison.

Et aucune, aucune solution pour que cela se passe sereinement, parce qu'à présent je sais, et de façon sûre, que ça existe encore.

Noyé

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12 mars 2021

Happy 20 !

Et voilà, Loïcia a eu 20 ans ! 20 ans !

Je me revois encore sur une plage de Bretagne, me disant que j'allais accoucher là, sur un rocher plat, parce que subitement je me suis sentie incapable de remonter ! Elle est née le lendemain, petite bretonne avec un prénom breton. Loïcia, c'est le féminin de Loïc. C'est Louise en breton.

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Je lui ai fabriqué un gâteau qui ne fait pas grossir et marque le coup, ça l'a bien fait rire !

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J'ai trouvé le tuto sur le site de Hobbii. C'est un tuto vraiment très clair, avec des explications et aussi des photos. Je l'ai réalisé en orange, parce que c'est la couleur de la créativité !

Que le temps passe vite !

anniversaire

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02 mars 2021

Mars : le mois de la lutte contre l'endométriose

On y est, le mois de mars est là ! Le mois du printemps qui arrive, de la journée de la femme le 8 (même si je trouve navrant qu'on doive avoir une journée pour le respect de nos droits....mais admettons), le mois de l'anniversaire de Loïcia, qui aura 20 ans (déjà ????? mais nooooooooon !!!!!). Mars est aussi le mois de la lutte contre l'endométriose, représentée par la couleur jaune.

Alors mes ouvrages de ce mois auront presque tous du jaune, pour le symbole.

Et je voulais aussi vous parler d'une formidable association, que ma kiné m'a fait connaître en octobre. Il s'agit de l'association Femmes Endo and Co. C'est une association à laquelle j'ai rapidement adhéré, après avoir assisté à 2 ateliers. J'y ai tellement appris ! Bon, je suis la plus âgée des participantes, c'est un fait. Mais ce n'est pas grave. L'association propose des ateliers, plusieurs par semaine, sur tous les thèmes qui touchent les femmes touchées par cette maladie. Ces ateliers ont lieu sur Zoom, parfait en ces temps où il est impossible de se réunir. Je peux suivre 5 ateliers sur une semaine, ou aucun, c'est à la carte, suivant les disponibilités, ma fatigue, les autres rdv, etc.

J'y ai appris des tas de choses sur la gestion de l'endométriose, en suivant des ateliers très variés avec de très bons intervenants : la nutrition, la gestion de la fatigue, le Pilates, le Yoga, l'hypnose, l'acceptation de soi, l'acceptation de la maladie, les outils qui aident, un vrai soutien ! J'ai découvert des tas de petites choses qui aident au quotidien, je suis parvenue à suivre à mon rythme une séance de yoga en pleine crise, parce que tout est adapté. Un soir, j'ai suivi une séance d'hypnose sur le sommeil....et j'ai dormi 12h30 ensuite !

Les ateliers m'ont permis de déposer une demande d'ALD (Affectation Longue Durée) et de savoir qu'il fallait souvent insister pour l'obtenir. Sans cela, je n'aurais jamais demandé à ma (super) généraliste, de recommencer. Et ça a fonctionné.

Le temps passe et j'ai pris en pleine figure une crise violente en février. Donc la ménopause n'est toujours pas là. Cette crise m'a laissée épuisée, incapable de bouger plusieurs jours. Je sais que l'immobilité accentue la douleur, qui entraîne une immobilité et qu'il faut se forcer à bouger, à réaliser des mouvements, même lents. Mais je n'ai pas pu. Alors, grâce aux ateliers et à ma (super) kiné, j'ai pu reprendre des mouvements dès que cela a été possible. La crise a laissé un grand épuisement, et je suis contente d'être en vacances cette semaine.

Lors des ateliers, les intervenants comprennent tous à quel point on peut être fatiguée, épuisée, à quel point la maladie, même en dehors des crises, nous laisse à plat.

Chaque vendredi soir, je rentre sur les genoux. J'accepte enfin cette conséquence de l'endométriose et de dormir si j'en ai besoin en rentrant. ça m'a pris du temps. Parce qu'il y a la honte de cet épuisement qui peut être perçu comme de la fainéantise alors qu'il n'en est rien. La maladie épuise quotidiennement. Si la douleur se greffe là-dessus, c'est carton plein !

Et le Tens ? Je ne peux plus le mettre autant qu'avant, j'ai déclenché une très grosse allergie aux électrodes...Ma (super) dermato a tenté de me trouver une solution, en vain. Je peux le mettre 1h tous les 2 jours, alors que 4h par jour m'aidaient énormément.

Tant pis, à moi de trouver d'autres solutions. Notamment en allant à pied au travail, ça me fait bouger et il le faut.

Alors si dans votre entourage, vous avez une endométriosique, ne la blâmez jamais si elle fatigue clindoeil

Allez, c'est parti pour un mois où on devrait parler de l'endométriose et peut-être enfin voir des avancées dans la prise en charge !

De mon côté, je continue les ateliers, de bouger, et de m'écouter, avec l'espoir sincère que mes symptômes s'atténuent avec le temps. Les crises s'espacent, c'est déjà drôlement bien. On y croit !

zen

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21 janvier 2021

Bon, et mon anniversaire dans tout ça ?

Le temps passe et file vite, tellement vite !

Au début du mois, il y a eu mon anniversaire et j'ai été drôlement gâtée ! coeur1

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Une jolie gourde avec un bâton de charbon, pour avoir tout le temps de l'eau filtrée au boulot :

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Une lampe "lumière naturelle" pour ne plus râler que je ne "vois plus rien en hiver" !

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J'ai énormément de chance !!!

J'ai mélangé volontairement ma famille et mes amies dans les photos, parce que tout les cadeaux ont la même importance !

câlin minion

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01 janvier 2021

Bonne année !!!

Je vous souhaite une très bonne année 2021 !

bonne année_tuche

Soyez heureuses, gardez le moral, faites attention à vous afin de protéger vos proches, soyez créatives et vivement qu'on se retrouve pour des échanges en vrai !!!

danse-de-la-joie

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01 décembre 2020

Une période de l'Avent exceptionnelle

C'est une période différente en temps normal : l'Avent.

Je prends d'habitude ce temps pour me replier, penser à ceux qui ne sont plus là, ralentir.

Cette année, ce temps sera encore plus différent et exceptionnel, avec....4 calendriers de l'Avent !

D'abord celui réalisé avec mes amies, un calendrier de l'Avent des tricoteuses. Nous sommes 5, donc nous avons préparé 4 fois 6 paquets. J'ai offert 6 paquets à chacune de mes amies et j'ai reçu 4 fois 6 paquets de leur part. Cela fait des mois que je prépare et réfléchis. J'ai reçu tous ces paquets !

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Ensuite, un calendrier Phildar, acheté l'année dernière en soldes de soldes :

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Puis un mini-calendriers de thés :

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Puis un calendrier de chocolats bios :

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J'ai été très gâtée. Je me suis fait plaisir aussi.

Et vous ? Calendrier de l'Avent ou pas ?

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22 octobre 2020

Merci aux soignants

Il m'a fallu un peu de temps pour me décider : j'en parle ou pas ?

Allez, oui, parce que ça peut servir, sait-on jamais. Ne serait-ce qu'à moi, pour garder une trace de ce qui s'est passé.

Et surtout pour remercier les soignants.

Dimanche 11 octobre. Je me réveille avec un énorme mal de tête, des acouphènes importants à droite, une insensibilité totale du visage à droite, un gros mal d'oreille à droite, une perte complète d'audition à droite et des vertiges légers. Bon. Pas de panique. Ayant eu piscine la veille, c'est une évidence : j'ai une bonne otite.

J'appelle SOS médecin et on me donne rdv dans l'après-midi. Je prends mon petit-déjeuner. J'apprendrai plus tard que j'aurais parfaitement pu avoir une fausse route en mangeant !

Le médecin qui me reçoit, au vu des symptômes, n'est pas seul, il y a un autre médecin avec lui. Là encore, têtue, je me dis que ça ne sert à rien d'être deux pour une otite. Ils me font passer un tas de tests neurologiques, et échangent entre eux en prenant garde d'utiliser un jargon médical incompréhensible pour moi. Assez vite, je m'aperçois que j'ai une bonne perte d'équilibre à droite. Ils m'expliquent aussi que ma pupille droite "saute" (nystagmus), ce que je ne sens absolument pas. En plaisantant, je leur dis que tous ces tests sont inutiles puisque j'ai juste une otite. Il leur faut me répéter plusieurs fois que je n'ai RIEN à l'oreille avant que "j'entende". Têtue un jour...

Paradoxalement, je ne supporte pas le bruit, surtout aigu (ça résonne dans ma tête), mais être dans le silence est presque pire tellement je n'entends alors que les acouphènes.

L'un d'entre eux rédige 2 pages, que je dois transmettre à un ORL le lendemain à l'hôpital. Je repars avec une ordonnance pour une grosse dose de cortisone. Zut, je sais que la cortisone et moi, ce n'est pas le grand amour. Mais admettons, si ça permet de faire passer ce gros mal de tête et ces acouphènes très gênants. Ils sont si forts que je ne parviens pas à comprendre que personne d'autre ne peut les entendre ! Pour eux, il s'agit qu'une paralysie faciale à frigore. Merci Google.....ça n'est pas si rare et peut venir d'un virus, d'une autre cause, voire de pas de cause du tout (youpi). ça peut passer en quelques heures comme en quelques semaines (re-youpi). C'est bénin mais pénible (ah ça....)

Le lendemain, je vais au travail à pied (si si !). Là, j'appelle le service ORL de l'hôpital et tout s'enchaine assez vite. Trop. L'interne au téléphone me dit que mes symptômes évoquent plutôt une suspicion de méningite, et que je dois me rendre au plus vite aux urgences. Je ne pense pas une minute à moi, mais à mes collègues : je les ai mis en danger.

Un très gentil reponsable m'accompagne aux urgences. Je comprendrai plus tard qu'il a bien fait puisque j'ai encore la perte d'équilibre à droite (que je ne sens pas du tout non plus. Je ne me sens pas bancale). Là aussi, ça va vite : installation sur un brancard, dans un box, tentatives vaines de pose de perfusion. Je ne bronche pas, me laisse faire, trop mal à la tête. Je pensais partir pour 20mn, une heure à tout casser, je vais en fait rester 11h sur ce brancard ! Il est 8h30. J'ai juste mon sac avec moi, pas de liseuse. Heureusement, et c'est rare, j'avais un tricot avec moi ! Yeah !

Après une prise de sang laborieuse, c'est de nouveau toute une batterie de tests neurologiques qui s'enchaine. Toujours un déficit marqué à droite : audition, équilibre, douleur, sensibilité. Ce qui me gêne le plus, ce sont les maux de tête et les acouphènes ("mais enfin, vous êtes sûrs de ne rien entendre ??? Il y a un marteau-piqueur dans mon oreille droite et personne n'entend ? VRAIMENT ?")

A 11h30, je suis dans le couloir, il faut libérer les box d'examens rapidement. Ah ok. J'ai faim et soif.

A mon arrivée, on m'a fait passer une chemise d'hôpital, comme à tous ceux qui arrivent. Toute la journée, je vais me demander pourquoi, ah mais pourquoi les patients qui en sont capables seuls mettent les pressions DANS LE DOS ? J'ai enfilé la mienne avec les pressions devant, ce qui se révèlera bien plus pratique ! Je garde mes sous-vêtements, mon pantalon, mes chaussettes. Je garde ainsi un peu de dignité. Mais toujours cette confiance (aveugle ? autruche ?) : ce n'est forcément pas grave. J'ai très soif, besoin de faire pipi. Je remets mes chaussures et pars à la recherche des toilettes.

Là, je constate avec une grande tristesse que les couloirs sont remplis de gens qui attendent sur des brancards. Partout. Et ils attendent, les yeux dans le vide, recroquevillés. Souvent âgés, mais pas forcément.

Je reviens sur mon brancard, m'asseois et ô bonheur, me mets à tricoter. Exutoire.

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Le personnel qui passe me complimente sur mes chaussures, ah ah !

Le temps passe. IRM prévue à 13h. Bon. Je tricote. J'ai faim, soif. 13h me semble tellement loin !

Nous sommes à présent 6 sur des brancards dans ce couloir-ci. Je me dis que c'est plein, c'est bon. Mais non, les soignants parviendront à en caser un 7è ! Misère. De temps en temps, l'infirmier passe prendre ma tension ("une tension de jeune fille !" Ah je suis donc déjà si vieille !) et ma température. Interdiction de boire tant que l'IRM n'est pas passée. Dur. A côté, des dames âgées arrivent avec des tensions de 20 et pas un mal de tête ! Dingue. Ben oui, quand on est dans un couloir....on participe à tout, pas le choix. Et inversement.

Je ne me plains pas. Parce que tout au long de cette journée, les soignants se sont montrés formidables. Ils ne sont absolument pas en cause dans ces brancards alignés, ce manque d'intimité, de dignité parfois, ce manque de place, de temps. Oh que non. Ils font tout ce qu'ils peuvent, dans une grande gentillesse. J'assiste à tout parce que je le peux, j'en ai les capacités. Donc je n'ai rien de grave (je sais parfaitement faire l'autruche !), j'en resterais persuadée.

Comme j'ai toujours envie de me taper la tête contre un mur, l'infirmier me donne un comprimé.....de tramadol. Je ne veux plus prendre d'opiacé. Non que je sois accro, mais je ne veux plus, ça ne fonctionne pas. Lui, ce qu'il veut, c'est m'aider à ne plus avoir mal. Je le prends parce que j'ai vraiment mal et que ça va peut-être marcher, soyons fou ! Je le prends par ignorance aussi de ce que c'est. Il paraît surpris que je pose des questions, que je ne prenne pas sans savoir au moins le nom. Alors non ça ne fonctionne pas. Je plane, je me sens défoncée, mais côté maux de tête et d'oreille, nada ! Sauf que pendant un moment, je ne vais plus poivoir quitter mon brancard, le comprimé ne me permettant plus de tenir debout de façon stable...

L'IRM arrive. Avec du retard, mais on est aux urgences donc...

Passer une IRM avec un mal de tête et une caisse de résonnance dans les oreilles est un calvaire. Il le faut, pas le choix.

Retour dans le couloir. L'inconvénient, c'est que j'entends tout. Absolument tout. "Méningite, non. AVC, tumeur cérébrale, anévrisme, sinusite : en attente des résultats de l'IRM". Ah crotte. J'apprendrais plus tard qu'ils ont aussi cherché la sclérose en plaques et le Covid (ah tiens ça manquait non ?). On me propose un autre comprimé de tramadol, je refuse en expliquant que je gère la douleur par le tricot. J'ai bien vu leur incompréhension. Ce n'est pas grave. Mon refus est respecté.

Parce qu'une autre chose m'a sautée aux yeux : la jeunesse de tous ces soignants. Jeunes. Très jeunes. Très gentils et bienveillants. Mais très jeunes. Tous ! Où sont passés ceux qui ont de l'expérience ???? Ils ont craqué ? En repos ? Pas un n'a plus de 30 ans et je suis gentille. Pourquoi ?????

Malgré cela, ils gèrent formidablement l'encombrement, la saturation évidente des urgences. Ils sont rassurants et font leur maximum. Parce que j'y suis restée 11h, mais avec la même équipe ! Comment ils font ? comment ils tiennent ?

17h, j'attends les résultats de l'IRM. Je tombe avec une immense joie, au fond de mon sac, sur ma banane du matin (oui oui, je mange une banane vers 10h), oubliée avec tout ça. Je fonce la manger en douce aux toilettes. Je me marre toute seule. J'en profite pour boire, boire, boire. 11h sans manger ni boire. Je veux bien être gentille et tout et tout, mais là c'est trop.

17h30 : les résultats arrivent : rien. Je les attendais avec une immense ambivalence : envie énorme qu'il n'y ait rien, que tout ça soit pour rien, et en même temps, s'il n'y a rien, j'ai quoi ??? Moi, têtue "ah, je vous avais dit que c'était une otite !"

"....."

Je gagne le droit de MANGER !

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Je me sens surtout coupable. Coupable d'avoir occupé un brancard autant de temps, d'avoir pris du temps aux soignants, d'avoir inquiété mes proches, d'avoir laissé ma collègue gérer seule la journée. Coupable de ces symptômes sans raison exacte, sans cause définie. Le syndrôme de l'imposteur dans toute sa splendeur. Alors je ressors à 18h en colère immense après moi, mon corps. Parce qu'en plus d'avoir toujours mal, je suis totalement épuisée par cette journée d'attente. Et j'en suis au même point que la veille. L'interne me propose de prendre un rdv avec l'ORL...dans 3 mois. Effarée, je lui dis que je ne tiendrai pas 3 mois comme ça. Il me trouve alors un rdv pour le jeudi. Il s'est démené, je le sais, je le remercie.

En attendant, il faut "dormir et se reposer". Ah. Avec autant de bruit dans l'oreille ? Comment on fait ?

Le lendemain, direction ma gentille généraliste avec ce même diagnostic : paralysie faciale à frigore (ça se prononce frigoré). Une semaine d'arrêt, repos. Difficile de se reposer avec un mal de tête qui ne passe pas. Le jeudi, je passe le bilan ORL. Même diagnostic. Bonne nouvelle : mon audition perdue est complètement revenue. Le jeudi soir, mes acouphènes vont enfin voir ailleurs, le mal de tête s'atténue. Il y a plusieurs causes possibles, mais aucune ne peut être prouvée. Alors tant pis.

J'ai "profité" de cette semaine pour rattraper mon retard dans mes mails, mes notifications, j'ai coupé de futures réalisations à coudre à défaut de pouvoir coudre (impossible quand le moindre bruit est intolérable, alors une machine à coudre....non) et je m'y suis mise quand c'était possible. J'ai arrêté le Pilates pour une semaine, trop de vertiges, tant pis. J'ai dormi aussi, un peu shootée quand il le fallait. On m'a demandé des tas de fois comment je fais pour ne pas paniquer. Je n'en sais rien. Avec le temps, j'ai appris à comprendre les signaux de mon corps. Là, ils me disaient que ce n'était pas grave. C'était douloureux, très, gênant, fatiguant, mais pas grave. Et tant que c'est bénin, ça va je trouve.

J'ai eu de la chance d'être prise en charge très vite. D'avoir une IRM cérébrale dans la journée. Qu'on me laisse gérer la douleur en tricotant même s'ils ne comprenaient pas et que ça les intriguait. Ils n'ont pas compris mais n'ont ni jugé, ni cherché à aller contre mon besoin. Et rien que cela, c'est formidable.

Les urgences sont bondées, le personnel est jeune et débordé. Quel est ce système en France ? Comment en est-on arrivé là ? Parce que je n'étais même pas dans les urgences Covid ! Donc ce sont des urgences du quotidien, celles qui sont en permanence bondées, celles où des tas de gens passent des heures sur des brancards avec un personnel dévoué et qui fait au mieux ! Qui fait même des miracles (une IRM en quelques heures, ça tient du miracle) et ne se plaint pas. Jamais.

Voilà, je voulais leur rendre hommage : Pauline, la jeune sage-femme, qui s'est démenée pour m'apporter à boire et un plateau alors qu'elle était débordée, Julien l'interne et tous les autres. J'ai continué à sourire, à ne pas me replier, à garder espoir : ce n'est pas grave, ça va passer. A ce jour, il reste plusieurs hypothèses : la cochonnerie de masques DIM distribués et que nous avons été OBLIGÉS de porter (j'en veux terriblement au gouvernement, pas à ma hiérarchie). Si vous n'avez pas suivi, ils ont été distribués à des millions de fonctionnaires et contiennent du zeolithe d'argent....Si c'est cela, c'est impossible à prouver. Autre hypothèse : un virus. Il faut avouer qu'avec toutes les précautions prises en ce moment, c'est peu probable. Mais admettons. Enfin : le stress, ou aucune cause, ce qui arrive. Je ne me battrais pas pour trouver la cause. A ce jour, je vais mieux. Il reste la fatigue et les maux de tête qui reviennent le soir. Un moindre mal. J'ai récupéré ma sensiblité sur le visage, mon audition et les acouphènes ont disparu, c'est l'essentiel. Enfin : les syndicats ont été remarquablement réactifs et les masques dangereux très rapidement retirés, les agents alertés en quelques heures.

 

MERCI AUX SOIGNANTS et à ma généraliste

merci3

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20 octobre 2020

Endométriose, un chemin vers l'équilibre

Beaucoup de livres sur l'endométriose sont sortis récemment. Vous les verrrez donc passer, même si je me doute que ça n'intéresse pas tout le monde :

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240 pages, paru en juin 2020

Je reste évidemment méfiante vis-à-vis de tous ces livres. Parce que je sais qu'il faut en prendre et en laisser.

L'auteure, suisse (et ça a son importance), raconte ici son parcours et elle a le courage de ne rien cacher de tous les soucis gênants que l'on rencontre au quotidien avec cette maladie. Les désordres intestinaux, les problèmes de vessie, on en parle peu, par honte. Et pourtant, nous en souffrons quasiment toutes. Et cet aspect est terriblement impactant dans la vie sociale, au-delà des douleurs et de la fatigue. L'auteure explique les opérations, la peur, l'incompréhension, les douleurs, le repli sur soi.

Et explique comment, elle, elle est parvenue à trouver un équilibre avec et non pas contre la maladie, à écouter son corps au lieu de lutter contre.

Je pense aussi être parvenue à cet équilibre, instable, très instable, menacé et menaçant au moindre grain de sable. Je vis à présent avec ma maladie. J'accepte des mots comme "handicap", "fragilité", "différente".

L'auteure s'est orientée vers une approche naturelle et sans médicaments, même si elle a dû passer par plusieurs opérations. L'alimentation anti-inflammatoire lui a apporté de vrais bénéfices.

Pour autant je reste prudente : ce qui convient à l'une ne conviendra pas forcément à l'autre. Le fait d'être en Suisse lui apporte des facilités que nous n'avons pas forcément en France, même si elle a également beaucoup tâtonné dans l'apprentissage d'une alimentation différente et souvent incomprise. Je me dirige aussi vers une alimentation différente, avec énormément de tests et d'essais. J'ai banni le soja, la viande rouge, quasiment toute la viande d'ailleurs mais je ne rechigne pas devant du poulet bio. Mes allergies m'empêchent de compenser par le poisson, donc je cherche des alternatives. J'ai acheté des livres dans ce sens, j'y reviendrai quand je les aurai lus. J'ai bien compris que certains aliments que j'adore épuisent mon organisme. Il faut trouver des alternatives, chercher, essayer. ça marche ou pas, mais il faut essayer.

Elle évoque la lenteur, le ralentissement imposés par l'endométriose. Avoir une vie "comme les autres" est absolument impossible. S'obstiner est une erreur qui ne mène qu'aux urgences. ça aussi, j'y arrive petit à petit. Il est vraiment difficile de parvenir à accepter qu'on a une grande fragilité, qu'on ne sera jamais "comme les autres", qu'on doit vivre, bouger, travailler différemment. Mais la maladie l'impose. Le plus dur n'est au fond pas de l'accepter, mais le regard des autres. Je m'autorise à dormir quand j'en ai besoin, je n'y arrivais pas il y a peu. Mais l'endométriose épuise, il faut se rendre à l'évidence. Et se tenir droite et "faire comme si" toute la journée, parce que je n'ai pas envie de me sentir diminuée et/ou différente, fatigue énormément. Et ce n'est pas grave. Accepter économise l'énergie. Accepter permet de vivre mieux.

Si elle dit n'avoir aucune difficulté à en parler, je n'en suis pas là. J'ai souvent honte de dire "je ne peux pas". Se justifier, expliquer. Ou simplement pas envie, parce que c'est fatiguant. Je n'ai pas parcouru assez de chemin sans doute. J'arrive aussi à dire "je suis trop fatiguée pour....", ou "là, je ne peux pas, c'est trop".

J'y viens, avec lenteur certes.

Bref : un livre à lire, même si on n'adhère pas à tout. Par exemple, elle parle énormément d'écouter son corps, comme si c'était une autre personne, à part. Elle lui parle même. Je dirais plutôt de ne jamais négliger son instinct !

bisous1

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03 septembre 2020

Prise de conscience

J'ai pris conscience il y a peu, que mes éponges en Bubble étaient une (grosse) erreur....

Pendant le confinement, j'ai découvert Jaenelle, des Triconautes. Elle est toute jeune mais tient un blog, produit des patrons, a créé des formations en ligne, réalise des interviews de créatrices/teurs, et quasiment chaque dimanche, elle anime une radio-tricot très très instructive à 15h en direct sur Youtube. Je vous recommande vraiment ses vidéos. J'ai appris avec intérêt l'histoire du coton, du mohair, cet été, grâce à Jaenelle.

Le temps de deux radios, j'ai compris que je faisais une erreur monumentale avec ma Bubble : c'est une fibre en plastique. Non seulement c'est une aberration à fabriquer, mais en plus, des micro-particules s'échappent des éponges à chaque utilisation. Sachant que je les utilise pour la vaisselle, mais aussi pour nettoyer la salle-de-bain et en guise d'éponge de gommage....j'en ai partout dans la maison.

J'ai été en colère, j'avais l'impression de m'être faite avoir : les pelotes sont jolies, brillantes, elles donnent envie. En colère après moi, qui n'ai pas réfléchi plus loin, attirée par les couleurs et le fait que les réalisations soient durables. Alors que c'est purement marketing et qu'il y a d'autres solutions.

Alors j'ai refait le tour, pièce par pièce. Et vous savez, cette sensation parfois de faire une "tâche de propre" sur une surface sale et au lieu de passer 5mn à nettoyer, une heure après on y est encore ? Et bien c'est ce qui s'est produit : je n'ai vu que ça : le plastique, le plastique partout autour de moi.

Et la colère est montée encore d'un cran, parce que j'avais vraiment la sensation d'en utiliser de moins en moins. J'achète en vrac, je n'ai plus de plastique pour le gel douche, la lessive, le shampoing, les produits ménagers, les pâtes, le riz, etc....

Et pourtant....

La nuit, je bois de l'eau. Tout le temps. En journée je bois de l'eau du robinet sans problème, mais la nuit, j'avais besoin de ma bouteille d'eau. A tort. J'ai acheté une bouteille en verre, des perles de céramique, et je n'ai plus de goût désagréable qui me dérangeait :

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L'expérience étant concluante, j'ai équipé les enfants (ils boivent aussi la nuit, les chiens ne font pas des chats !) et j'ai trouvé des perles de céramique pour ma bouilloire.

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Et donc les éponges en Bubble. J'ai acheté des pelotes de chanvre, et je vais tout changer dans la maison, pièce par pièce.

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Bien-sûr, il est impossible de se passer totalement du plastique. Il reste presque impossible à contourner pour pas mal de choses : mes bacs de laine, ma machine à coudre, les ciseaux, etc.

Mais si on peut diminuer au maximum, voire s'en passer pour le plus de choses possibles, ce sera bénéfique pour tout le monde. Je n'achèterai plus de laine acrylique, même si c'est joli, pas cher, et que ça fait envie.

J'ai offert toute ma Bubble à une amie qui en fera bon usage. Je ne jette absolument pas la pierre à celles et ceux qui continuent. C'est juste que moi, je ne veux plus.

Et vous, où en êtes-vous avec le plastique ?

Aviez-vous réalisé tout ce que ces éponges pouvaient engendrer ? Aviez-vous conscience qu'on se fait avoir avec un marketing très étudié ? Si chacun fait un petit effort, je suis sûre qu'on peut tous avancer !

terre

Posté par Huloga à 05:27:00 - - Commentaires [32] - Permalien [#]
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