08 avril 2018

Continuum, les archives du temps

J'ai beaucoup, beaucoup aimé ce court roman :

232 pages

232 pages, paru en janvier 2018

J'ai aimé l'histoire, les personnages, et j'attends le tome 2 avec une grande impatience.

On ne connait pas le nom du narrateur, qui, je pense, est l'auteur. Depuis tout petit, le voyage à travers le temps le tracasse. Il en parle avec son père, il croit dans les avancées technologiques.

Il connait depuis des années Maggie, une centenaire énergique, avec qui il a rendez-vous chaque vendredi. Il prend soin d'elle, ils ont des conversations étonnantes sur le temps et la possibilité ou non de revenir en arrière ou partir dans le futur.

Le narrateur a été détecté précoce dans son enfance, mais il ne se sent pas l'âme d'un génie, il ne sait pas comment son QI peut l'aider. Petit à petit, il creuse les hypothèses, les possibilités. Il créé un super logiciel, Ralf, auquel il peut poser toutes les questions possibles. Ralf s'auto-alimente seul, parvient à faire des recherches dans tous les domaines, à être de plus en plus indépendant, même si le héros le contrôle un maximum.

Et puis Ralf parvient à mettre la main et décrypter un très vieux livre, qui explique comment remonter dans le temps. Il manque 42 pages à ce livre, mais Ralf arrive à tout décoder.....et à créer un moyen de remonter dans le temps.

J'ai aimé le côté philosophique : que peut nous apporter un voyage dans le temps ? Peut-on changer les choses ? Est-ce que cela sert à quelque chose ?

L'obsession du héros est de revenir en 1976, pour sauver son père d'un AVC....

Il y a plusieurs niveaux de lecture et c'est vraiment intéressant !

lire2

 

Hier j'ai encore été très gâtée, par Isabelle :

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Et puis Cécile est passée avec des remontants de convalescence ! Tu as vu Cécile, je n'ai pas ouvert !

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A vous deux, un grand :

Merci

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02 avril 2018

Quoi qu'il arrive

Voici un gros roman passionnant, offert par Esperluette :

576 pages

576 pages, paru en poche en mars 2017

Ce livre a une construction vraiment intéressante. Il s'agit de l'histoire d'Eva et Jim, qui se rencontrent un jour alors qu'ils ont 19 ans, mais il ne s'agit pas que d'une histoire : il y a trois versions de leur destin. Donc dans le découpage il y a "version 1", "version 2", version 3", et on reprend ensuite "version 1", "version 2", "version 3", etc...

On ne se perd pas dans les avancées différentes des trois histoires, parce qu'il y a beaucoup de recoupements, les mêmes personnages reviennent et les récits s'enchainent de façon fluide.

Je pense que dans l'idéal, le mieux est de le lire quasiment d'affilée, mais 576 pages, je n'ai pas pu hein !

Donc les chapitres s'enchainent et on ne voit pas défiler les pages. Difficile de vous faire un résumé de trois histoires, trois intrigues, trois versions différentes, toutes parties de la même rencontre par les mêmes personnes. On se rend compte à quel point un tout petit détail peut entrainer une vie incroyablement différente !

Puisqu'Emmanuelle me l'a offert, je vous propose de le lire à votre tour. Je n'ai plus le temps d'organiser un tirage au sort. Il partira donc chez la première intéressée ! J'ai beaucoup aimé et, qu'il parte chez vous ou non, je ne peux que vous recommander ce livre très très original !

Alors ? Qui le veut ? On lève la main !

chat qui lit

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25 mars 2018

Un peu, beaucoup, à la folie

J'ai dévoré ce pavé !

Janvier 2018

Paru en janvier 2018, 528 pages

Toute l'histoire tourne autour de 3 couples. Trois couples radicalement différents, opposés, qui pourtant vont se retrouver autour d'un barbecue qui va changer leur vie. Fidèle à un style qu'on reconnait aux premières lignes, l'auteure nous entraine derrière les apparences, les façades, les non-dits, les secrets, avec un grand talent.

Clementine et Sam ont deux adorables petites filles de 2 et 6 ans : Ruby et Holly. La meilleure amie de Clementine, Erika, vit avec Oliver. Ils n'ont pas d'enfants. Comme Erika a répété toute son adolescence qu'elle n'en voudrait jamais, personne n'imagine ce qui se passe en réalité. Erika est-elle vraiment la meilleure amie de Clementine ?

Tiffany et Vid sont les voisins d'Erika et Oliver. Ils ont une petite fille de 10 ans, Dakota. Par un hasard de circonstances, les trois couples se retrouvent un dimanche à un barbecue un peu improvisé, avec les trois petites filles. Personne n'a vraiment envie d'être là au départ. Tiffany et Vid forment un couple très sociable mais aussi très exubérant, ils sont pleins de vie, expansifs, à l'opposé exact d'Erika et Oliver, que tout le monde trouve très coincé. Ceux-ci voulaient voir Clementine et Sam seuls, parce qu'ils avaient une demande importante à leur faire.

Et pourtant. C'est bien l'attitude et les réflexes de ce couple qui va éviter un drame épouvantable dont je ne peux pas parler. Ce couple dont les autres se méfient, parce qu'ils sont renfermés, s'est en fait trouvé suite à des enfances bien malheureuses. Erika a souffert toute sa vie d'une mère accumulatrice compulsive, tandis qu'Oliver devait supporter des parents alcooliques.

Mais chacun a une belle façade, chacun tente de sauver les apparences, jusqu'aux enfants, qui souffrent aussi. Ils sont tous dans l'image....mais cette image est-elle réelle ? Cette image peut-elle résister à un drame ?

On tourne beaucoup autour de ce fameux jour de barbecue, sans savoir ce qui s'est vraiment passé (on le saura hein !). Et l'écriture est telle qu'évidemment on veut le savoir, alors on tourne les pages et les heures défilent sans qu'on s'en rende compte ! Chacun cache quelque chose, à l'autre couple ou même à son conjoint et les secrets sont levés un par un à mesure que les pages se tournent...

J'ai beaucoup aimé ce roman, ce pavé dont je n'ai pas senti le nombre de pages parce que tout s'enchaine parfaitement.

Si vous avez aimé les précédents romans de cette auteure (ce qui est mon cas), vous aimerez également celui-ci. L'ambiance de pluie continuelle était telle que j'ai levé le nez plusieurs fois pour écouter s'il ne pleuvait pas !

A lire, ou un roman à offrir quand vous êtes en panne d'idée ! Je ne peux pas le classer dans les Feel good. Pourtant il y a une profondeur qui apparait peut à peu, des sentiments intenses et justes, beaucoup d'émotion aussi. J'ai lu que certains l'ont trouvé trop lent. Je n'ai pas trouvé, parce qu'il y a de nombreuses histoires dans l'histoire principale, et que tout prend un sens petit à petit. Ce "petit à petit" est important pour apprécier et que le récit ne soit pas superficiel.

chat qui lit

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17 mars 2018

Entrez dans la danse

Un petit roman mais tant mieux :

Fév 2018

Paru en février 2018. 160 pages

C'est du Jean Teulé tel que j'ai pu le lire dans "Charly 9" ou "Mangez-le si vous voulez". Mais j'ai nettement préféré "Comme une respiration" !

Nous sommes à Strasbourg en 1518. La famine est terrible, et la population, après avoir mangé tous les animaux et tout ce qui était possible, s'est mise à manger....ses enfants. En août, une étrange épidémie s'abat sur la ville : les gens se mettent à danser sans jamais s'arrêter. Démuni, le maire prend des décisions censées ou absurdes pour tenter d'enrayer cette terrible épidémie, sous l'oeil indifférent du clergé qui lui, mange à sa faim....

On suit un peu quelques citoyens dans la folie qui s'emparent d'eux, dans la peur et l'angoisse de ceux qui assistent à cela sans pouvoir l'arrêter.

Il est terrible de savoir que ceci est vraiment arrivé !

Bon, c'est du Jean Teulé, c'est-à-dire avec beaucoup d'humour et de dérision, mais le fond est là : cette histoire est affreuse et triste !

On n'est pas dans le feel good, mais on n'est pas dans le récit horrible et insoutenable non plus. On est dans le récit historique précis et un peu tourné en dérision. A lire si ça vous chante à défaut de vous faire danser, pour savoir que cela a existé !

lire

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13 mars 2018

Petits miracles au bureau des objets trouvés

Encore une fois, une très jolie lecture :

Mai 2017

368 pages. Paru en mai 2017

Je l'avoue, la couverture m'a attirée. Je garde un petit bocal assez identique, dans lequel je mets...les boutons que je trouve par-terre, et j'en trouve souvent. Gabriel est très heureux d'en trouver pour moi à présent ! C'est une façon de faire attention à ce qui nous entoure, de chercher la petite chose que personne ne regarde.

Un roman italien pour une fois !

Michele est un enfant de 7 ans, qui vit dans une gare. Son père est chef de gare, un homme triste et taciturne. Sa maman est gaie, rieuse, elle l'emmène manger des glaces et à la plage, toute proche. Mais un jour elle monte dans un train et ne revient jamais, emportant avec elle le cahier rouge de Michele, son journal intime, en lui promettant de le lui rapporter.

Pendant 20 ans, Michele va l'attendre de façon quasi désespérée. Il va se façonner une vie protégée de tout, dans sa bulle. Il vit dans la gare, s'arrange pour ne jamais en sortir, s'occupe des trains qui partent, qui arrivent, doit nettoyer chaque soir le train qui revient. Il trouve et amasse dans sa maison des tas d'objets trouvés, les seuls qui, il en est sûr, de l'abandonneront jamais. Il a pris la place de son père. Ses collègues se moquent de cet homme étrange, qui vit seul, coupé du monde.

Un soir, il trouve une minuscule poupée. Cette trouvaille va faire débarquer dans sa vie Elena, très bavarde, très vivante, qui prend très vite une place effrayante pour Michele. Ils ne se comprennent évidemment pas, étant très éloignés l'un de l'autre, chacun dans sa bulle de souffrance et de peine. Mais Elena n'a pas autant de barrières que Michele et va déployer une énergie énorme pour sortir Michele de sa tour défensive. Elena traine elle aussi ses casseroles, avec une soeur jumelle dont on comprend très vite les failles.

Peu après, Michele retrouve dans le train...son cahier rouge. Comment est-il arrivé là ? Pourquoi ? Qui l'y a forcément délibérément caché ?

Il part à la quête de cette personne, à la recherche désespérée de sa mère, aidé malgré lui par Elena.

La trame est identique à "Éléanore Oliphant" et pourtant je ne le savais pas. On part d'une histoire très légère, un brin étrange quand même, pour partir en profondeur et dans des sentiments très intenses. Un roman sur la résilience, la recherche, l'ouverture au monde, la découverte, les petits bonheurs....

Sur un fond d'histoires dramatiques, le roman se construit, page après page, sur une capacité à trouver le bonheur en cherchant les réponses. J'ai beaucoup aimé !

A LIRE pour le côté feel-good !!!!

chat qui lit

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05 mars 2018

Les quatre vérités

Il y a eu un bug sur Canalblog il y a quelques jours et personne n'a reçu la notification du dernier article de lecture, qui est pourtant un roman extrêmement fort et intéressant :

"Les loyautés" de Delphine de Vigan

Alors si ça vous dit, allez voir en cliquant dessus clindoeil

 

Pour aujourd'hui, voici un petit livre qui m'a été offert par Cécile :

167 pages

167 pages. Paru en 2002

Cécile me l'a offert un mercredi, je l'ai commencé le jeudi et lu en deux soirs.

Il s'agit de l'adaptation sous forme de "novella" (= nouvelle un peu longue) d'une pièce de théâtre. Donc l'essentiel de l'histoire se passe dans un salon.

Adrian est un écrivain qui a été très très connu pour son premier roman, "La cachette". Les suivants n'ayant pas connu le même succès, il vit à présent retiré dans la campagne anglaise, dans une petite ferme, avec sa femme Eleanor. Leur vie semble extrêmement terne. Un dimanche, Eleanor découvre dans la presse du matin un article qui tire à boulets rouges sur le meilleur ami d'Adrian, Sam.

Celui-ci débarque chez eux, très en colère. Il demande à Adrian de se faire lui aussi interviewer par la même journaliste, Fanny, pour la piéger. Contre toute attente, Adrian accepte de se remettre en lumière, lui qui a cessé toute vie médiatique.

Fanny débarque donc dans la fermette et je m'arrête là parce que sinon, le roman étant court, je vais trop loin.

Qui sera piégé au final ? A vous de le découvrir puisque fidèle à mon envie de partage, je l'offre à mon tour à qui veut pour le faire circuler !

Qui est intéressée ?

good luck

Enfin pour terminer, je voudrais vous faire découvrir une courte vidéo (15mn) de Margaud, qui m'a fait beaucoup réfléchir :

J'ai réfléchi à mon rythme de lecture suite à cette vidéo. Oui je lis beaucoup, mais par goût, par envie, parce que je "tombe" dans un livre et j'adore ça. Mais en aucun cas je ne lis "pour lire", par compétition, pour faire la course ou lire un maximum de romans ou encore moins me la péter avec mon rythme. D'ailleurs depuis que je sais lire, j'ai un rythme élevé, mes parents pourraient en témoigner ! (hein ?) C'est mon rythme et chacun a le sien, il ne me viendrait jamais à l'idée de juger quelqu'un qui lit moins.

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Je lis pour m'endormir facilement, pour découvrir des histoires et les partager avec vous. Mais je pense comme Margaud : si vous ne lisez qu'un ou deux livres par an, c'est très très bien ! L'important, c'est de lire et d'apprécier lire.

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Quand je fais le bilan mensuel, ce n'est pas non plus pour étaler ce que j'ai fait dans le mois, mais vraiment pour moi : voir ce que j'ai fait, m'en rendre compte et avoir un petit coup de baume au coeur. Sinon j'oublie, je finis le mois en pensant que je n'ai pas fichu grand-chose. Mais faire la liste n'est absolument pas pour vous mettre la pression ou crâner. Juste faire un bilan quoi. Perso du coup, même si je le partage.

Je tenais à vous le dire, c'est important !

bisous1

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25 février 2018

Les loyautés

On tombe très vite dans ce court roman :

Janvier 2018

208 pages, paru en janvier 2018

Il s'agit d'un roman principalement à 2 voix : Théo, 12 ans 1/2, et sa prof de SVT Hélène. Autour d'eux, on entend aussi la parole de Mathis, le meilleur ami de Théo, et de la maman de Mathis, Cécile.

Hélène sait, comprend que Théo ne va pas bien. Ancienne enfant battue, elle est persuadée que Théo est maltraité.

C'est presque ça. Théo et Mathis ont trouvé un endroit, une super cachette dans la collège, dans laquelle ils se réfugient pour boire. Si Théo est totalement seul, coincé entre ses 2 parents divorcés, Mathis a une maman qui s'alerte et voit que son fils boit. Hélène aussi est alertée, fait convoquer Théo à l'infirmerie, en vain.

Les chapitres sont à la 3è personne, sauf les chapitres où Hélène parle, où elle dit "je".

On comprend que la situation ne va pas s'arranger, qu'au contraire, tout se dégrade pour Théo, entre un père qui dégringole physiquement et qui lâche moralement, et une mère qui n'a toujours pas accepté le divorce et en veut quasiment à Théo....

De son côté, Cécile découvre avec horreur le côté caché de son mari et doit vivre avec ce secret, tout en essayant de rester vigilante pour Mathis et de le sortir de là.

On s'attache aux personnages, on voudrait que tout aille positivement pour eux, que tout arrête de partir en vrille, il suffirait qu'ils parlent, que chacun parle à l'autre, mais.....

Les loyautés, parce qu'il s'agit des histoires de sermens tacites : loyauté d'Hélène envers un élève qu'elle sent en souffrance, quitte à se mettre ses collègues et sa hiérarchie à dos, loyauté de Cécile envers son monstrueux mari, loyauté de Théo envers chacun de ses parents. On parle aussi de la violence dingue et de la haine anonyme des réseaux sociaux. Beaucoup de sujets abordés et creusés dans 200 pages !

A lire parce que c'est un roman terriblement actuel, qui évoque des sujets du quotidien. J'ai été d'autant plus happée que Gabriel a l'âge de Théo et Mathis. A lire si vous êtes enseignant, pour comprendre que votre 6è sens, la petite voix qui dit que quelque chose ne va pas est toujours à écouter avec attention....A LIRE !

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19 février 2018

Couleurs de l'incendie

Oh quel bonheur ce tome 2 d'"Au-revoir là-haut" !!!!!

Janvier 2018

544 pages, paru en janvier 2018

On retrouve Madeleine, maman d'un petit Paul, 7 ans et le roman commence fort ! Le prestigieux Marcel Péricourt décède en 1927, laissant Madeleine orpheline et très seule. Le jour de l'enterrement, de façon totalement inexplicable, Paul se jette du second étage de la maison et atterrit sur le cercueil de son grand-père, laissant tout le monde sans voix.

Paul va rester paralysé suite à cette chute et la vie de Madeleine bascule. Non seulement elle s'en veut terriblement, mais elle doit se débrouiller seule, épaulée par Gustave Joncourt, le second de son père, qui prend tout en main et gère les affaires familiales, tout en n'ayant jamais réussi à accepter le refus de la demande mariage qu'il a fait à Madeleine. Elle avait d'abord accepté, puis a refusé, sans motif, sans que Gustave ne sache pourquoi. Cette rancoeur a un rôle très important dans la suite.

On retrouve aussi le frère de Marcel, Charles, et la lecture de la vie de ce personnage est certainement le moment le plus drôle du roman. Le pauvre n'est pas une lumière, mais il a deux filles, qui, il le découvre brusquement, sont laides, très laides, extrêmement moches. Il a tout essayé pour les améliorer et pouvoir les marier, en vain. Impossible de ne pas sourire en lisant les descriptions !

Petit Paul grandit. En fauteuil. Madeleine, à bout de fatigue, finit par embaucher une jeune polonaise extraordinaire, Vladi. Dans une envolée de gaité et de fraicheur, elle va sortir Paul de sa dépression, et l'aider à reprendre goût à la vie. Pourtant elle ne parle pas un mot de français, et a parfois des manières un peu brusques !

On retrouve aussi André Dupré, qui a un rôle important dans le tome 1 et qui est quasi absent du film. Il revient en force ici, avec un emploi qui le surprend lui-même !

J'ai découvert le monde de l'entre-deux-guerres, la corruption, la cupidité, la malchance dont Madeleine va devoir se sortir pour vivre, les tonnes de qualités qu'elle va devoir puiser au fond d'elle pour retrouver son statut perdu, pour se venger avec une grande intelligence. On assiste à la montée du nazisme, de l'intolérance, au crach de 1929 et à ses conséquences...tout un monde qu'au fond on connait peu et qui est vraiment bien décrit ici. Chaque soir il me tardait de retrouver ces personnages si forts et attachants. Il fait partie de ces romans pour lesquels on a très envie de les lire très vite, tout en freinant pour ne pas que ça se termine trop vite ! Vous voyez ce que je veux dire ?

J'ai adoré ce roman et j'attends le 3è tome avec une grande impatience ! Vite vite Monsieur Lemaître, ne tardez pas trop !!!

75800700

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13 février 2018

Éléanore Oliphant va très bien

Ce roman fait partie des incontournables :

Sept 2017

Paru en septembre 2017. 432 pages.

Je l'ai eu complètement par hasard. Je suis allée rapporter un livre à la bibli, et ma bibliothécaire préférée m'a dit qu'elle venait de le terminer, qu'il était incroyable. Je l'ai pris mais j'avais encore la tête dans "Le presbytère" (que je ramenais).

Je l'ai commencé sans y croire et j'ai été happée, complètement. Happée par l'écriture, par l'histoire, et aussi parce que beaucoup de choses m'ont parlé dans ce livre. Et pourtant on commence le roman en trouvant que quelque chose cloche, qu'elle est drôlement bizarre cette héroïne....

Éléanore a 30 ans. Elle travaille depuis 9 ans chez Bob, où elle est comptable. Une comptable triste, qui fonctionne comme un robot. Elle fait son travail à la perfection, dans une solitude totale, moquée par ses collègues, qu'elle ne comprend pas, qui ne la comprennent pas non plus. Elle s'est forgée une carapace gigantesque sans s'en rendre compte. Tout est mécanique chez elle. Pas de sentiments, pas de contacts physiques, un robot.

Le vendredi soir elle achète de l'alcool fort et s'anesthésie tout le week-end, puis une nouvelle semaine strictement identique commence. Chaque mercredi soir, elle reçoit un appel de sa mère, qui l'insulte et la rabaisse.

Et puis un jour, Éléanore tombe amoureuse d'un musicien, par hasard. Elle en est sûre : c'est l'homme de sa vie. Commence alors une quête pour elle : tout faire pour le séduire. Elle va aller chez le coiffeur, s'acheter de nouveaux vêtements, un téléphone, un ordinateur, une révolution pour elle ! Elle apprend à maquiller la cicatrice qui lui barre une joue (d'où sort cette cicatrice ? On tourne les pages pour le découvrir !)

Sa vie va totalement changer, elle découvre des sentiments, des comportements, des attitudes qu'elle ignorait. Et cela change encore quand elle apporte son aide à un homme qui fait un malaise dans la rue, alors qu'elle venait de faire la connaissance de Raymond, un de ses collègues.

Peu à peu, avec beaucoup de patience et de tact, Raymond va la sortir de sa léthargie, la poussant à se révéler et aussi à chercher dans son passé une vie qu'elle a tout fait pour oublier, enterrer.....

J'ai trouvé ce roman incroyable. Au début j'ai pensé qu'Éléanore devait être une sorte d'autiste, avec un handicap. Petit à petit on apprend, on comprend. Un livre formidable sur la tolérance, la résilience, la différence, l'espoir, avec une écriture sans faille. Un livre qui commence avec une écriture qui interpelle, puis qui devient de plus en plus profond, avec un fond très intéressant et fort.

Vous pensiez que votre pile de livres à lire était déjà immense ? Vous ne pouvez pas passer à côté de celui-ci !!!!!

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A LIRE ABSOLUMENT !!!!

chat qui lit

Et si vous le lisez, donnez-moi votre avis !

Un immense merci à ma bibliothécaire, sans laquelle je serais passée à côté de ce petit bijou !!!! merci

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09 février 2018

Le presbytère

Comme j'ai eu du mal à l'avoir à la bibli ce livre ! J'ai écouté une émission "La voix est livre" sur Europe 1, qui en parlait, et je suis allée le réserver assez vite, fin octobre. Je pensais que c'était fichu pour cette réservation, et il a fini par arriver début janvier ! (mais que font les gens avec les livres pour les garder aussi longtemps ??? ils s'en servent pour caler un meuble, c'est pas possible ?! Ils reçoivent forcément des relances pour dire qu'ils ont un sacré retard dans le retour des documents empruntés ! Je pensais vraiment que je n'aurais jamais ce roman. Et vu tout ce que j'ai à lire, ce n'était pas grave hein) Bref !

Août 2017

Paru en août 2017. 272 pages

Alors je vais être honnête : si j'avais su le fond du roman, je ne crois pas que je l'aurais emprunté. Parce que l'écriture est incroyable, on se laisse embarquer totalement dans cette histoire écrite de façon très très particulière, où on devine les choses sans qu'il y ait vraiment de mots dessus. D'ailleurs en avançant je me disais "mais non, ça ne peut pas être ça, ce n'est pas possible" et je ne sais pas comment vous en parler sans dévoiler le fil rouge, toute l'horreur de cette histoire.

Tout commence par l'installation d'un couple dans une maison un peu étrange, appelée "le presbytère". Balthazar est médecin, c'est un homme très droit, très très autoritaire, avec des tonnes de principes, toujours "pour le bien de". Petit à petit on se rend compte que ce type est en fait un grand malade !

Il est marié avec Sonia, qu'il détruit tranquillement, toujours sous couvert de la morale et du "c'est pour ton bien". Elle développe des tocs sévères, elle est capable de passer des heures sur son vernis à ongles. La famille s'agrandit : Clément, Sébastien, Manon, Alice. Balthazar refuse violemment que Sonia aille s'occuper des bébés lorsqu'ils pleurent. C'est pour leur bien, vous l'aurez compris.

A la maison, pas de jouets, le plastique est interdit, c'est le mal. Pas de télé. Pas d'école non plus, l'école c'est mal, les enfants sont pervertis, confrontés à la violence à l'école. (ils sont tellement mieux dans cette maison de fou....). Sonia est complètement à l'ouest, passe des heures à danser, à préparer des spectacles (pour qui ?), à se changer plusieurs fois par jour, à oublier de nourrir ses enfants. Elle se fait tabasser de temps en temps par son mari....

Balthazar (misère que j'ai détesté ce personnage) est là en permanence, tout en n'étant jamais là. Il reçoit ses patients, il est occupés, il travaille, LUI, mais garde toujours un oeil sur ce qui se passe à la maison, sur ce qu'il faut ou ne faut pas faire. Les enfants doivent apprendre la musique, parce que la musique c'est bien, c'est merveilleux, mais il les terrorise tellement que cet apprentissage se passe dans une grande violence. Par exemple pendant les repas, il oblige ses enfants à manger en tenant des livres sous leurs coudes. Si le livre tombe, l'enfant mange par-terre....pour son bien évidemment.

Parallèlement un ado puis homme est très présent dans cette maison : Tanguy. Il a eu une enfance épouvantable, battu, affamé, enfermé des jours entiers dans un placard. Il est retiré vers 8/9 ans à ses parents et arrive dans un état terrible dans l'institut dans lequel travaille Balthazar. Il vient tous les jours au Presbytère, pour voir les enfants, jouer avec eux. Le fait qu'il apporte un jour un ballon aux garçons devient un drame.

Il y a aussi un couple en mal d'enfants, Basile et sa femme, qui accueillent régulièrement Clément et se mettent à l'aimer trop fort...

Le décor est planté, vous l'aurez compris, les enfants vont grandir dans un environnement extrêmement "sain et équilibré" et petit à petit on comprend sans que ce soit évoqué que cette ambiance abominable cache des dérapages pires encore. Le récit, ce qu'on devine, est glaçant.

Ce qui m'a fait aller jusqu'au bout, c'est que je suis sûre que ce genre d'histoire est arrivé, malheureusement, que des types aussi immondes et dénués d'humanité que Balthazar, ça existe....jusqu'au bout il sera d'une mauvaise foi qui donne envie de lui en coller une !

C'est un roman très dur à lire, mais ce n'est pas pour cette raison qu'il faut l'éviter. Ce qui se passe derrière les façades des maisons les plus belles existe. Toujours cette façade, cette image qu'il faut donner aux autres, sous couvert de bonnes intentions...l'écriture est absolument remarquable et je ne pense pas avoir déjà lu un roman pareil. C'est glaçant mais, n'est-ce pas pire encore : cette histoire est plausible.....

lire2

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